Lart

Un peu de tout.

07 janvier 2006

Targets

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Voici un de mes travaux les plus récents.
J'ai découpé une silhouette dans une plaque de médium et j'en ai fait des impressions. Entre chaque tirage, des trous sont percés dans la plaque. Le but final est d'obtenir la destruction totale de la plaque.
Chaque tirage est réalisé dans une couleur différente.
L'idée ici est basée sur l'antinomie de ces tirages aux couleurs pops qui représentent à la fois des formes génériques de corps humain mais aussi des silhouettes de ce qui pourraient être des éléments de jeux pour enfants ou encore des silhouettes de stand de tir (cette dernière chose étant bien entendu accentuée par le fait de percer des trous dans la plaque qui se retrouvent représentés sur les épreuves.).
Plus largement, nous pourrions probablement dire que ce travail est une réflexion sur la violence et notamment sur la violence faite au corps, choses qui se retrouvent dans la plupart des mes autres travaux.

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18 novembre 2005

Please torture me and kill my familly (WIP)

Voici une photo de la structure de la forme pyramidale qui constitue ma version du supplice de l'estrapade. Je l'ai réalisée aujourd'hui à l'aide de barres d'acier rond de 10 mm. Cette structure a une base d'une surface de 1 mètre² et une hauteur de 1 mètre. L'étape suivante sera la réalisation du pied d'une hauteur de 1 mètre également, ce qui fera s'élever l'ensemble de cette réalisation à une hauteur de 2 mètres. Je vais ensuite couvrir cette structure pyramidale de plaques d'acier. Le tout sera assemblé par la suite et peint avec des couleurs vives.
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Travail de sculpture

Trois sujets nous ont été proposés:
Le mobilier, un instrument de musique et le feu.
J'ai choisi de m'intéresser au mobilier. Toutefois il n'est bien sûr pas question de construire un simple meuble mais bel et bien d'interroger des problèmes relatifs à la sculpture.
Voici l'élément de mobilier que j'ai choisi de réaliser et qui sera (très bientôt) une table.
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L'idée pour ce projet est de réaliser la structure d'une table sur laquelle viendrait directement se tendre une nappe sans qu'il n'y ait de planche pour la soutenir. C'est simple mais, je pense, très efficace.
Une de mes références pour ce projet est le sculpteur australien Franz West.

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15 novembre 2005

Please torture me and kill my familly

Je pense que le titre de cet article pourrait devenir le titre de l'installation que je prévois d'effectuer dans le cadre de ma recherche plastique.
Cette installation mettrait en scène tout d'abord des instruments de torture hérités de l'inquisition revisités à la sauce POP. Ceci aurait pour but de donner une idée d'une torture joyeuse, bénéfique à l'ordre moral et à la société et tout cela dans le respect de l'intégrité morale de chacune des parties impliquées. Faites-vous donc plaisir à vous faire torturer et à torturer les autres. Après tout, c'est un plaisir commun et, ma foi, plutôt banal.
J'essaie ici de mettre en résonnance l'aspect froid, dangereux, chargé du sang des hérétiques (avec tout ce que cela implique au niveau de la critique de la religion monothéiste et plus particulièrement du chatolicisme) des instruments de torture et le côté chaleureux et gai amené par les couleurs.

Voici un aperçu d'une réalisation sur laquelle je devrais travailler dans les jours à venir.
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Je souhaiterais à ajouter à cette pièce une chaise de torture de l'inquisition et une cage.
A cette installation s'ajouteraient une série de pièces d'un style différent mais conservant toujours le côté ironique de ces premières réalisations. Pour cela j'utiliserais très certainement d'autres médias tels que la gravure, la vidéo, la photographie, etc...

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Les écorchés

Voici le projet sur lequel je travaille actuellement.
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Une série de personnages "écorchés" d'abord réalisés au crayon gris sur du papier format A4 (ramettes que l'on appelle également "papier machine") numérisés et auxquels j'applique un traitement avant de les réimprimer. Lors du traitement de l'image je supprime tout une couche d'une même valeur de gris, ce qui a pour effet d'écorcher encore une fois le dessin.
L'idée de ce travail est d'abord basé sur la réponse que se font chaque étape du travail et le rapport aux interfaces utilisées lors de la réalisation de la proposition de l'artiste. Ici, le fait de représenter des personnages plus ou moins écorchés, plus ou moins déformés, fait écho au fait que la numérisation, le traitement de l'image par un logiciel approprié et la réimpression écorche et déforme à la fois l'image mais aussi l'intention de l'artiste. Le dessin obtenu par impression n'a aucunement la même valeur que le dessin réel.
Par cela je souhaite interroger les interfaces entre l'artiste et sa production plastique mais également l'utilisation des nouveaux médias dans ces mêmes productions plastiques.
Autre paradoxe provoqué par ce travail: je tente ici de dénoncer une utilisation non appropriée de l'informatique lors de la production plastique induite par un trop grand enthousiasme qui pourrait faire passer l'outil avant l'idée. Toutefois, je dois me servir de ce outil afin de réaliser cette proposition plastique.
Je suis actuellement parvenu à une série de 37 dessins. Le but est d'en réaliser une très longue série afin de pouvoir en sélectionner les meilleurs.

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04 octobre 2005

Virus

Voici un texte un peu plus ancien.

« Le médecin nous avait dit, le jour de sa naissance qu’il avait une malformation de la mâchoire. « Rien de bien grave… En tout cas rien d’irréversible. Nous pourrions l’opérer dès aujourd’hui pour lui retirer ces canines proéminentes mais je propose plutôt que nous attendions que les autres dents poussent et qu’il perde ses dents de lait. Ce handicap sera bien moins gênant durant sa petite enfance qu’à l’adolescence. Toutefois, il vous est fortement déconseillé de lui donner le sein… »

Mon mari et moi acquiesçâmes, persuadés qu’il était préférable de patienter plutôt que de lui faire subir d’inutiles souffrances. Une semaine plus tard, nous rentrions chez nous …

Nous avions complètement oublié d’acheter du lait et, à ses cris, je décidai tout de même de l’allaiter. Mais je dus arrêter aussitôt à la vue des gouttes de sang qui perlaient le long de ma poitrine… je sens encore parfois une intense brûlure me déchirer le flanc.

Quelques mois plus tard, sa mâchoire déformée vit naître ses premières dents. Mon mari crut, le premier soir, entendre un loup dans la chambre de notre fils. Ce n’était que d’atroces cris de souffrance. La « normalité » tentait de reprendre le dessus, peu consciente des conséquences. Nous découvrîmes au même moment son incroyable intelligence et son ouïe hors du commun ; il se taisait dès que, pour nous tirer hors du lit, nous posions un pied sur le parquet qui recouvrait le sol de notre chambre. C’était comme si le bois l’implorait de ne pas nous déranger.

Après quelques jours et quelques draps maculés de sang, il disposait d’une dentition normale… Ou presque. Les deux canines proéminentes n’avaient pas bougé et restaient bien ancrées dans ses gencives. Elles se dressaient tels des monolithes d’une blancheur et d’une pureté intense.

Puis vint le jour de son premier mot : « M……..AN….GER ». Je lui apportai alors un steak cru. Il a toujours dédaigné tout autre type de nourriture. Notre médecin de famille nous avait conseillé un peu plus tôt de lui administrer un complément alimentaire à l’aide de perfusions. Personne n’a jamais réussi à lui enfoncer une aiguille dans la peau… C’est à partir de cet évènement que mon mari et moi commençâmes à nous demander si nous n’avions pas engendré un « monstre ».

Il perdit toutes ses dents en quelques mois seulement… Dents de lait et canines comprises. Il se retrouva sans dents pendant une ou deux semaines. Il n’avait alors que trois ans… Puis, par une lourde nuit d’été, en plein cœur d’un orage, un cri un cri perçant me tira d’un profond sommeil. Je courus alors dans la chambre de mon fils sans me chausser, sans même allumer la lumière. C’est alors que je sentis, sous mon pied nu, un liquide visqueux, collant et chaud. Je vis, en allumant la lampe de chevet de notre enfant, que c’était en fait un mélange de sang et da salive qui s’écoulait de sa bouche. En quelques secondes nous étions tous les trois dans la voiture, le moteur gueulait sous les coups de pédales paniqués de mon mari. Je tentai désespérément d’appeler l’hôpital mais me doigts ne me répondaient plus et les larmes me brouillaient la vue. Les minutes nous séparant de la clinique la plus proche nous firent l’effet d’interminables heures. Notre enfant continuait à baver son sang mais était incroyablement calme, les yeux vides et tournés vers le ciel. Il était toujours vivant… Son torse s’agitait sous les mouvements de ses poumons et de sa cage thoracique. Son souffle était froid. Son cœur battait encore… doucement. Mais il battait.

L’hôpital endormi s’éveilla d’un coup çà notre arrivée. Tous les médecins accoururent voir le « phénomène » et il nous fut interdit de voir notre fils pendant soixante-douze longues heures. Nous apprîmes plus tard qu’il avait été isolé, pour des raisons de sécurité, après avoir mordu deux médecins.

« Vous pouvez le ramener chez vous » nous dit un médecin. « Toutefois, nous aimerions le revoir de temps en temps pour de examens approfondis… Il et plutôt rare de se retrouver confronter à ce genre de cas… Il n’a que trois ans et dispose déjà de trente-quatre dents dont deux canines de quatre centimètres de longueur. »

Cette année-là, notre fils entra à l’école. Tout se passait bien malgré les remarques de ses instituteurs quant à son régime alimentaire. Ses années de maternelle furent paisibles. Ce sont d’ailleurs les seules années de calme que nous ayons connues. Mais il apprenait vite… Trop vite. Et dut sauter une classe.

Vint alors la primaire et les premières moqueries. Les enfants sont méchants, c’est bien connu. Certains l’évitaient, d’autres l’insultaient. Les enseignants le craignaient et l’avis des parents était partagé entre l’idée de la souffrance de cet enfant, de la souffrance de ses parents et leur peur pour leurs propres enfants. Mais en absence d’incident, ils préféraient se taire.

Nous décidâmes, à l’occasion de sixième anniversaire de notre enfant, d’organiser une petite fête pour lui et ses camarades de classe. Personne ne vint. Notre fils n’avait aucun ami.

Le mal s’introduisit à l’école sans que quiconque s’en aperçoive. Les railleries se firent de plus en plus fréquentes et de moins en moins réprimandées. Je m’indignais devant le comportement des enseignants mais rien ne changea. Les tensions se firent plus vives tout à coup, quand notre fils, pour se défendre, leur montra les dents. On nous demanda un peu plus tard de retirer notre fils de l’école… Deux enfants avaient été grièvement mordus.

Je dus démissionner, le lundi suivant, afin de m’occuper de l’enseignement de mon fils. Je suivis une formation et décidai que moi seul m’occuperait de ses cours. Le temps s’écoula alors paisiblement, rythmé uniquement par les repas de viandes crues de mon fils et quelques heures de grammaire ou de mathématiques. Mais je fus très vite dépassée par les évènements… Il commença à développer une hyperactivité qui rendait impossible toute tentative d’enseignement. Il demandait également de plus en plus de repas…

Un jour, alors qu’il en était à son quatrième steak (toujours cru), la sonnerie du téléphone retentit dans notre maison qui baignait dans un silence sépulcral.

Nous fûmes alors convoqués à l’hôpital pour quelques examens de base. Nous espérions y trouver une réponse à nos questions. Une lueur, même infime, d’espoir pour que notre fils puisse retrouver une vie normale.

« Je pense que nous pouvons considérer ces excroissances des canines comme des crocs, nous dit un énième médecin. C’est véritablement… étrange.

- Je pense que je vous aurais mis mon poing dans la gueule si vous m’aviez dit le contraire, dit mon mari excédé.

- Je vous propose de procéder à l’arrachage de ses dents, ajouta le médecin.

- Quand pouvez-vous l’opérer ? demandai-je.

- Tout de suite. »

Il était vingt-trois heures et la Lune avait déserté le ciel. Les infirmières et les médecins se préparèrent minutieusement.

« Les racines sont très profondes d’après les radios, dit un des chirurgiens. Ce ne sera pas une mince affaire. »

Puis il se tourna vers une des infirmières :

« Veillez à ce que l’on procède à une prise de sang avant transfusion si besoin est et à un pontage. »

Nous attendîmes dans un couloir non loin du bloc opératoire. Mon mari piétinait nerveusement tandis que je me rongeais les ongles jusqu’au sang. Tout était silencieux… jusqu’à ce que d’ignobles cris semblables à des hurlements de bêtes se fassent entendre. Une infirmière sortit aussitôt du bloc et courut vers nous.

« Nous sommes désolé, dit-elle. »

Mon mari était sur le point de lui sauter à la gorge. »Nous avons procédé à une anesthésie mais… »

Elle hésitait, ne sachant comment se justifier.

« Mais… Il s’est réveillé. Il semblerait que les médicaments n’aient aucun effet sur lui. Ou alors pas suffisamment longtemps…

- Arrêtez alors !!!!!!!! hurla mon mari.

- Ce ne sera pas nécessaire, répondit l’infirmière. C’est terminé. Ils lui ont enlevé ses… »

Elle cherchait le terme approprié mais n’était pas sûre de le trouver un jour.

« Ses crocs… finit-elle par dire. Vous souhaitez les conserver ?

- Certainement pas me précipitai-je. »

Nous étions soulagés, mon mari et moi, songeant que notre fils avait fini de souffrir…

Deux jours plus tard, je rappelai l’hôpital :

« Ca a repoussé, dis-je »

Les semaines, les mois et les années s’écoulèrent au rythme des opérations, expériences et innovations sur la mâchoire de notre fils. Les interventions ne se déroulant jamais sans souffrances pour lui ou pour les médecins, régulièrement grièvement blessés. Nombre d’entre eux avaient du se faire recoudre pendant une opération à cause de morsures profondes. Quand notre fils n’était pas à l’hôpital, la vie suivait son cours a peu près normalement. Les seules ombres au tableau étaient que notre enfant était totalement incapable de se concentrer sur quoi que ce soit plus de deux minutes et que son appétit devenait de plus en plus féroce. Ses repas étaient de plus en plus fréquents et conséquents, nous demandant toujours, à mon mari et à moi, de plus en plus d temps et d’énergie. Il ne mangeait plus… Il dévorait.

« Venez vite ! » nous dit une infirmière au téléphone.

Ne supportant plus les cris d’agonie de notre fils, nous avions décidé de faire confiance aux médecins et de ne plus rester dans l’enceinte de l’hôpital durant les opérations. Ce jour-là, notre fils « fêtait » ses douze ans. Pour la deuxième année consécutive, il « fêtait » son anniversaire en souffrances.

Quand nous arrivâmes dans le couloir qui faisait face au bloc opératoire, tous les médecins étaient assis, la tête entre les mains à nos places habituelles. Des cris de douleur et d’agonie emplissaient l’air dans tout l’établissement. Je tombai à genoux et commençai à sangloter. Le bruit de ma chute sur le sol froid éveilla un des chirurgiens qui se dirigea vers nous. Mon mari était debout à côté de moi, figé.

« Que… Que s’est-il passé ? Suffoqua-t-il. »

- Nous avons procédé, une fois de plus, à l’arrachage de ses… crocs, hésita le médecin. Nous avions remarqué qu’ils repoussaient de plus en plus vite au fil des interventions…

- Cette fois, intervint un autre médecin qui venait de nous rejoindre, ils ont repoussé instantanément.

- Il est devenu fou, reprit le premier. Il a arraché ses liens, a tout cassé dans le bloc opératoire et a même blessé plusieurs personnes… »

Les cris s’arrêtèrent brusquement. Une infirmière accourut.

« Il vient de s’assommer, dit-elle »

Nous entrâmes tous dans le bloc opératoire. Nous le vîmes alors, étendu sur le sol, du sang dégoulinant de sa bouche. Ne supportant pas la vue des médecins lui enfilant une camisole, je m’effondrai. Tout fut blanc pendant de longues heures…

Je me réveillai dans un lit juxtaposé à celui de mon fils. Il m’était caché par un fin rideau que j’écartai nerveusement. Il était là, assis, calme et serein, jouant avec de menus objets. Une infirmière vint me chercher et me conduisit dans le bureau d’un des chirurgiens qui s’occupait de mon fils.

« Il y a du nouveau » me dit-il avec un sourire tel que je vis l’intégralité de ses dents jaunes. Mon cœur se mit à battre de plus en plus fort.

« Nous avons dé couvert un nouveau virus dans le sang de votre fils… ajouta-t-il Ses globules rouges sont… différents et certains détails nous poussent à croire que ce virus pourrait être à l’origine de la maladie de votre fils. Malheureusement nous n’en savons pas plus pour l’instant. Mais nos laborantins continuent à chercher… »

Les deux dernières années, nous ne voyions presque plus notre fils. Les médecins avaient abandonné l’idée de lui arracher ses crocs mais n’avaient de cesse de pratiquer de nouvelles expériences, de nouvelles analyses… Je passais mon temps à pleurer toutes les larmes de mon corps.

Nous apprenions parfois quelques informations supplémentaires sur le virus qui avait détruit notre fils et ainsi offert à la science un nouveau cobaye.

La veille de son quatorzième anniversaire, mon mari alla chercher notre fils à l’hôpital. Nous refusions l’idée qu’il puisse « fêter » un anniversaire de plus là-bas. Je vis mon enfant pour la première fois depuis trois semaines. Son visage était livide et ses yeux injectés de sang.

Sa nuit fut agitée… Mais pas plus que d’habitude. Quelques cris… Un peu de sang sur les draps… Rien d’inhabituel.

Le lendemain, notre fils avait quatorze ans. Malgré tous les évènements passés, c’était un beau jeune homme d’une carrure imposante et, si l’on oubliait la couleur du sang, on pouvait parfois découvrir ses magnifiques iris bleus.

Je partis très tôt ce jour là. J’avais décidé d’aller lui faire quelques courses, lui acheter quelques cadeaux et un peu de viande. Je me souvins qu’il lui était arrivé de regarder des enfants jouer au base-ball avec envie. Je lui achetai donc un gant, une batte et quelques balles. Son père trouverait bien un moment pour jouer avec lui…

Je suis rentrée en début d’après-midi…

Une odeur de mort planait dans la maison. C’est alors que je vis du sang sur le sol… Du sang et des griffes. Je pénétrai ensuite dans le salon et vis les murs recouverts par le liquide vital qui avait quitté les veines de mon mari. Il gisait là, sur le sol… Son corps était couvert de morsures et son cou avait été à moitié dévoré.

J’entendis des pas dans mon dos…

Toutes mes courses tombèrent de mes bras… Sauf la batte de base-ball qui devait être le cadeau d’anniversaire de mon fils. Je me suis alors retournée… Je vis mon enfant debout face à moi. Du sang s’écoulait de ses yeux ainsi que de sa bouche. J’ai levé la batte… Il était sur le point de me sauter dessus. Je vis ses deux crocs qui frémissaient encore au goût du sang de mon mari. Et la batte s’abattit sur lui…

J’ai frappé… J’ai frappé !!!!!!J’ai frappé !!!!!!!! J’ai tué mon propre fils !!!!!!!!!!!! Je ne me suis arrêtée que lorsque les spasmes nerveux qui accompagnent la mort disparurent.

Cela fait six jours maintenant qu’ils sont morts… »

Nous avons découvert suite à l’autopsie que le virus l’avait complètement dévoré, dit l’inspecteur. Il a fini par remplacer le code génétique de toutes les cellules de son corps. D’après le médecin légiste et les quelques chercheurs qui se sont penchés sur le cas de votre fils, la durée d’incubation serait de quatorze ans. Pas un jour de plus… Pas un de moins. »

Le policier se retourna vers son collègue.

« Veuillez lui remettre ses menottes et la reconduire dans sa cellule. »

Ce qui fut fait dans l’instant. Alors qu’elle était sur le point de passer la porte, l’inspecteur l’interpella une dernière fois :

« Il y a toujours une chose que je ne m’explique pas… D’où viennent les morsures que nous avons retrouvées sur le corps de votre fils ? »

La mère sourit…

« Une semaine après sa naissance, j’ai essayé d’allaiter mon enfant… »

Puis, se retournant pour quitter la pièce, elle ajouta :

« Ma mâchoire me fait un peu mal depuis quelques temps… »

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30 septembre 2005

Et que ta volonté soit faite

Je ne pouvais m'empêcher de vous faire partager un de mes textes. J'en ai choisi un parmi les meilleurs et les plus courts. J'espère que vous l'apprécierez.




Matt ouvrit péniblement les yeux, se redressa et regarda autour de lui. Tout était blanc. Il sentit sous sa main un sol doux et rembourré.

«Où je suis, moi ? »

Il se leva, s’approcha du mur et y porta la main. C’était la même texture que le sol.

« C’est quoi ce délire ? Je suis en train de rêver ou quoi ? Qu’est ce que je fous dans une pièce capitonnée ? »

Pas de réponse. Matt essaya petit à petit de reprendre ses esprits. Il voyait le plafond et les quatre murs de cette pièce.

« Bon… J’ai bien dû rentrer ici par quelque part. »

Mais cette pièce ne comportait aucune porte, aucune trappe, aucun faux plafond, rien. Ce n’était qu’une simple chambre capitonnée. Matt eut beau chercher des heures durant derrière chaque recoin, il ne trouva rien. Rien qui n’attire son attention en tout cas.

«Mais qu’est-ce qu’il se passe ici ??? »

Matt avait regardé partout dans l’espoir de trouver une issue mais n’avait encore prêté aucune attention aux deux seuls objets qui traînaient dans cette pièce. Un bloc de feuilles blanches et vierges et un crayon.

Désespéré, il décida finalement de se calmer. Il s’assit dans un coin, saisit le bloc de papier qui se trouvait juste à côté de lui, le crayon et griffonna quelques signes sans signification. Il remplit une feuille entière de symboles et autres choses méconnaissables.

« C’est bien le moment d’apprendre à dessiner !» et sur ces mots, il lança de toutes ses forces le crayon et le bloc de papier contre le mur. Il se retourna et frappa de toutes ses forces contre les parois de la pièce. Cela ne le calmait pas… Il ne pouvait pas se blesser ni même se faire mal dans cet endroit. Impossible d’exorciser son stress et sa colère. Dépité, il se lova dans un coin.

Il fut incapable de dire combien de temps s’était écoulé depuis qu’il s’était endormi. Il regarda autour de lui, retoucha le sol, les murs… Il était toujours dans la même pièce mais elle avait incroyablement changé. Elle était désormais couverte de signes étranges, d’un noir intense, comme peints sur les murs. Matt n’en croyait pas ses yeux. Qui avait bien pu faire cela ? En combien de temps ? Avec quoi ? Et comment était il entré et ressorti sans même le réveiller ? Qui donc avait bien pu être assez pervers pour faire cela ?

Espérant une nouvelle surprise, un peu plus heureuse que celle-ci, Matt reprit son inspection de la pièce. Mais ne trouva toujours ni porte ni trappe ni même un quelconque orifice par lequel il aurait pu se glisser pour sortir de cette pièce de malheur. Rien. Juste cette salle capitonnée et ces symboles étranges.

« Et pourquoi une pièce capitonnée d’abord ? dit-il à qui pourrait l’entendre. Ai-je tant que ça l’air d’un fou ? C’est bizarre, n’est-ce pas ? Je n’en ai pourtant pas l’impression. »

Il se disait que si effectivement il était dans un asile ou n’importe quel autre type d’établissement médical, il y aurait forcément quelqu’un à un moment ou un autre pour l’entendre et peut-être même pour l’écouter…. Il devait bien y avoir une porte puisque toute pièce en a une. Mais elle devait, pensait-il, être assez bien cachée pour qu’il ne la trouve pas et ne s’ouvrir que de l’extérieur. Matt était un homme de logique et c’est ce qu’aurait induit la logique. La logique, encore une fois, le conduisait même à penser que quelqu’un était déjà rentré et qu’il était même ressorti. Merveilleuse logique….

Il retrouva dans un coin, le bloc de feuilles qu’il avait abandonné la veille. Il le parcourut mais ne retrouva pas sa feuille griffonnée. La personne qui était rentrée pendant son sommeil aurait-elle donc emporté cette feuille ? Certainement. Il n’eut pas le cœur à écrire ni même à dessiner quoi que ce soit. Il retourna juste s’asseoir dans un coin. Il mit longtemps à s’endormir mais finit tout de même par tomber dans un profond sommeil sans rêve.

Quand il se réveilla, la pièce était redevenue blanche. Il n’y avait plus aucune trace des inscriptions de la veille. Rien. Sauf toujours le même bloc de papier et le même crayon.

« En plus d’être pervers vous êtes très forts, dit Matt. Mais je suis au moins rassuré sur un point. J’ai cru pendant un moment, hier, que c’était moi qui avais écrit toutes ces choses sur les murs. Dans un élan de folie ou au cours d’une crise de somnambulisme. Mais il m’était impossible de tout effacer pendant la nuit. Alors ? Finirez-vous par vous montrer ? Que nous puissions discuter entre hommes pour une fois ? »

Toujours aucune réponse. Matt éprouva vraiment ce que voulait dire l’expression « parler aux murs ».

Tout à coup, son estomac se fit rappeler à sa mémoire. Une faim infernale le tiraillait. En effet, cela faisait un certain temps qu’il n’avait rien mangé. Même s’il ignorait depuis quand il était enfermé là, il savait pertinemment que ce n’était pas négligeable et qu’il ne devait plus rien avoir dans le ventre depuis un moment déjà. Mais il n’avait rien sous la main et doutait du fait que du papier ou le capitonnage d’une cellule soient très nourrissants.

Une idée folle lui traversa soudain l’esprit. Il courut vers le bloc de papier et y dessina grossièrement des fruits. Puis il alla se coucher dans un coin et se força à s’endormir au plus vite malgré les cris d’alarmes de ses intestins.

Au réveil, des objets ressemblant plus ou moins à des fruits étaient apparus sur le sol, éparpillés. Matt saisit le premier qui lui tomba sous la main, mordit d’un coup dedans et recracha aussitôt.

« Pouah ! Ca a un goût de papier ce truc !! »

Il se força tout de même à manger. Non seulement cela avait un goût atroce mais en plus il sentait que ça ne le nourrissait que très peu. Il devrait pourtant faire avec. Mais, plus important que cela, il avait compris que les avoir dessinés qui avait faits apparaître les aliments. Il se tourna vers le mur le plus proche, espérant qu’une personne située à l’extérieur pourrait le voir et dit, la bouche encore pleine :

« Alors à chaque fois que je vous dessine un truc, vous me l’apportez ? »

Mais il n’eut toujours aucune réponse.

Déterminé, Matt saisit le bloc de papier, dessina aléatoirement des portes sur une feuille et encore quelques aliments difficilement esquissés.

Au réveil suivant, il vit d’abord les aliments qu’il avait dessinés. Il saisit le premier et le mangea. Puis il regarda autour de lui et vit plusieurs portes. D’abord une au plafond. Impossible à atteindre. Puis une toute petite, sur le mur. Inutile pour y faire passer un homme, surtout de sa carrure. Et enfin une autre, dans un coin, de côté, sur deux murs, comme pliée. Il s’en approcha mais ne vit pas de poignée. Il donna un grand coup contre la paroi la plus proche.

« La poignée, dit-il ! J’ai oublié de dessiner la poignée !!!! »

Il retenta alors l’expérience en essayant, cette fois, de ne rien oublier.

En se réveillant, il vit de nouvelles portes, placées différemment de celles de la veille. Il s’approcha de la plus abordable, saisit la poignée et tira doucement. Elle ne bougea pas. Matt se rendit alors compte qu’elle n’était pas droite, impossible dès lors de la faire s’ouvrir. Il vérifia les autres… toutes bancales, inutilisables.

Matt fit de nombreuses tentatives mais aucune ne convenait… aucune porte n’était comme il fallait. Il avait toujours su qu’il était un piètre dessinateur mais avait jusque là pensé que, de toute façon, cela ne lui serait jamais nécessaire. Le plus étrange était le fait que certaines portes se retrouvent sur le sol, d’autres au plafond, d’autres aux murs mais à l’envers.

« Il doit bien y avoir un moyen, se dit-il. Je suis sûr qu’il y a un moyen. »

Puis une nouvelle idée lui vint. Il saisit une feuille et la plia plus ou moins aux dimensions et aux formes de la pièce puis il dessina des portes sur toutes les parois du volume qu’il avait ainsi créé, de façon à ce qu’elles soient droites et touchent le sol. Enfin il prit le soin de numéroter chaque porte. Puis il alla se coucher à nouveau.

Quand il se réveilla, de nouvelles portes encore étaient là. Certaines étaient toujours au plafond, d’autre sur le sol mais celles qui se trouvaient sur les murs étaient correctement positionnées et, grâce aux chiffres gravés sur chacune d’elles, il les reconnut et devina comment, à l’avenir, il pourrait utiliser le même pliage que la veille.

« Il ne me reste plus qu’à réussir à dessiner une porte correctement, pensa-t-il. »

Il ne tentait même plus de communiquer avec une personne extérieure. Il savait maintenant qu’il n’y avait personne. Il n’avait aucune idée de ce qui se passait ni même pourquoi il était là mais il y était et avait la ferme intention d’en sortir.

Après de nombreux essais, il saisit encore la poignée d’une porte et celle-ci glissa. Lentement et sans bruit. Comme dans un rêve. Un large sourire se dessina sur son visage. Mais s’effaça aussitôt. Derrière la porte…. Il n’y avait rien. Rien d’autre que le mur.

Une larme coula le long de la joue de Matt. Lui qui pensait atteindre enfin son but…

Dépité, il ne tenta plus rien pendant un moment, se contentant juste de dessiner un peu de nourriture de temps en temps. Les feuilles étaient blanches. Les murs aussi. Matt ne faisait plus rien. Il n’espérait plus rien.

Puis il finit par se remettre à essayer. Il s’y remit de plus belle et tenta de nouvelles choses. Il dessina des portes entrouvertes, des portes ouvertes, des trappes sur le sol, des trappes au plafond et des échelles pour y mener. Mais à chaque fois, derrière, il n’y avait que cette paroi capitonnée.

Puis une nouvelle idée lui vint à l’esprit. Il saisit une feuille, dessina un cutter dessus et se rendormit.

Au réveil, sans même manger ni boire, sans même regarder autour de lui si quelque chose avait changé, il saisit une feuille, la plia, y dessina une porte et l’évida au cutter. Puis alla se recoucher, sûr de lui. Excité, il eut du mal à fermer l’œil et se maudit lui-même de s’énerver autant.

Au réveil il se rua sur la porte, l’ouvrit brutalement et faillit tomber…. Dans le néant. Derrière cette porte, il n’y avait rien. Même pas le vide. Matt s’arrêta juste à temps, sachant que s’il faisait un pas de plus, il ne pourrait même plus faire aucune tentative. Il n’y aurait vraiment plus aucune échappatoire.

Il s’assit et fixa la porte d’un air interrogateur.

« Mais merde !!! s’énerva-t-il soudainement. Il doit bien y avoir une solution !!!! »

De rage, il prit une nouvelle feuille et dessina un tube de colle en plus du cutter.

Apres quelques heures d’un sommeil difficile, il saisit le cutter et la colle fraîchement apparus, prit une nouvelle feuille et répéta la même opération q’au préalable pour la porte. Puis il prit une nouvelle feuille, qu’il ne plia pas cette fois mais il y dessina une rue en perspective, avec ses immeubles, ses trottoirs, ses poubelles, ses caniveaux. Il y passa des heures afin d’y inclure un maximum de détails, pour essayer de ne rien oublier. Puis, après avoir collé cette feuille derrière la première, il s’endormit, exténué.

En se réveillant, il s’orienta tout doucement vers la porte, les pieds lourds de désespoir. Avant de l’ouvrir, il ferma les yeux. Puis il fit un pas en avant. Là rien ne vint contrer son mouvement. Son pied toucha un sol bien dur. Il patienta quelques secondes afin d’être sûr qu’il ne rêvait pas puis ouvrit les yeux. Il vit alors la ville s’étendre devant lui, telle qu’il l’avait dessinée. Il fit quelque pas sur la route mais se rendit très vite compte que quelque chose ne convenait pas. Il n’y avait aucun bruit, ce qui ne l’avait d’abord pas choqué puisque c’était également le cas dans la pièce qu’il occupait encore quelques minutes plus tôt. Mais surtout… Il ne sentait pas la fraîcheur de l’air envahir ses poumons. Bientôt il suffoqua. Il se retourna et vit au passage que, sur les côtés, là où il n’avait pas pu dessiner, faute de place sur la feuille, il n’y avait rien. Il courut vers la porte qu’il avait lui-même créée et s’engouffra dedans.

Il était revenu au point de départ… De son propre chef.

Il se glissa dans un coin et tenta de réfléchir longuement aux solutions qui s’offraient à lui…. Il avait beau chercher et chercher encore, fouiller tous les recoins de son imagination, plus aucune idée ne lui venait. La source s’était tarie. Et bientôt, il se sentit seul, terriblement seul. Il saisit le bloc de papier, le crayon et se mit à dessiner pendant des heures et des heures. Et, son dessin enfin fini, il s’écroula de fatigue. Quand il se réveilla, la plus belle femme qu’il n’ait jamais vue de sa vie était là, adossée dans un coin de la pièce, le regardant fixement. Il s’approcha doucement, n’en croyant pas ses yeux. Il avait réussi à créer une femme splendide. Il n’était plus seul. Mais quand il fut assez près, il vit qu’elle ne battait pas des paupières. Il toucha alors sa peau du bout des doigts. Elle était froide et lisse comme du verre. Elle n’était pas morte. Elle n’avait jamais été vivante. Terrorisé, Matt la prit dans ses bras, la secoua, pour se prouver que ce n’était pas vrai. La belle se brisa, s’éparpilla en centaines de morceaux plus petits les uns que les autres. Mais pire que tout, elle était totalement vide. Matt s’effondra lui aussi. Epuisé par les émotions qui le submergèrent tout à coup.

Quand il reprit ses esprits, la pièce était redevenue toute blanche, vierge. Il ne savait plus quoi faire. Il ne pouvait pas se créer de sortie, il ne pouvait pas se créer de compagnie. Il s’approcha du bloc sans idée précise. Il prit alors conscience d’une chose qu’il n’avait encore jamais remarquée jusque là. Son visage se crispa. Il fut soudain terrorisé. Le bloc de papier qu’il utilisait depuis le début avait fini par s’épuiser au fil des tentatives manquées. Il ne restait désormais plus qu’une feuille. Que faire alors ? Après celle-ci, il n’y aurait plus d’échappatoire. Plus rien. C’était sa dernière chance. Il le savait. Il n’y aurait pas de bloc de papier qui apparaîtrait comme par enchantement. Pas le même en tout cas. Il ne devait pas la gaspiller. Il se posa dans un coin, doucement, tout doucement. Il se calma autant que possible et tenta de réfléchir à la meilleure chose qu’il puisse faire. Selon sa décision, soit il pourrait rentrer chez lui et retrouver une vie normale soit il resterait bloqué là à jamais. Il observa encore une fois cette pièce puis se mit à rire plus fort qu’il n’avait jamais ri. Enfin il saisit le stylo puis la feuille. Et sur cette dernière il dessina….

Posté par Alucard59 à 23:48 - Mon boulot - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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