Lart

Un peu de tout.

04 octobre 2005

Virus

Voici un texte un peu plus ancien.

« Le médecin nous avait dit, le jour de sa naissance qu’il avait une malformation de la mâchoire. « Rien de bien grave… En tout cas rien d’irréversible. Nous pourrions l’opérer dès aujourd’hui pour lui retirer ces canines proéminentes mais je propose plutôt que nous attendions que les autres dents poussent et qu’il perde ses dents de lait. Ce handicap sera bien moins gênant durant sa petite enfance qu’à l’adolescence. Toutefois, il vous est fortement déconseillé de lui donner le sein… »

Mon mari et moi acquiesçâmes, persuadés qu’il était préférable de patienter plutôt que de lui faire subir d’inutiles souffrances. Une semaine plus tard, nous rentrions chez nous …

Nous avions complètement oublié d’acheter du lait et, à ses cris, je décidai tout de même de l’allaiter. Mais je dus arrêter aussitôt à la vue des gouttes de sang qui perlaient le long de ma poitrine… je sens encore parfois une intense brûlure me déchirer le flanc.

Quelques mois plus tard, sa mâchoire déformée vit naître ses premières dents. Mon mari crut, le premier soir, entendre un loup dans la chambre de notre fils. Ce n’était que d’atroces cris de souffrance. La « normalité » tentait de reprendre le dessus, peu consciente des conséquences. Nous découvrîmes au même moment son incroyable intelligence et son ouïe hors du commun ; il se taisait dès que, pour nous tirer hors du lit, nous posions un pied sur le parquet qui recouvrait le sol de notre chambre. C’était comme si le bois l’implorait de ne pas nous déranger.

Après quelques jours et quelques draps maculés de sang, il disposait d’une dentition normale… Ou presque. Les deux canines proéminentes n’avaient pas bougé et restaient bien ancrées dans ses gencives. Elles se dressaient tels des monolithes d’une blancheur et d’une pureté intense.

Puis vint le jour de son premier mot : « M……..AN….GER ». Je lui apportai alors un steak cru. Il a toujours dédaigné tout autre type de nourriture. Notre médecin de famille nous avait conseillé un peu plus tôt de lui administrer un complément alimentaire à l’aide de perfusions. Personne n’a jamais réussi à lui enfoncer une aiguille dans la peau… C’est à partir de cet évènement que mon mari et moi commençâmes à nous demander si nous n’avions pas engendré un « monstre ».

Il perdit toutes ses dents en quelques mois seulement… Dents de lait et canines comprises. Il se retrouva sans dents pendant une ou deux semaines. Il n’avait alors que trois ans… Puis, par une lourde nuit d’été, en plein cœur d’un orage, un cri un cri perçant me tira d’un profond sommeil. Je courus alors dans la chambre de mon fils sans me chausser, sans même allumer la lumière. C’est alors que je sentis, sous mon pied nu, un liquide visqueux, collant et chaud. Je vis, en allumant la lampe de chevet de notre enfant, que c’était en fait un mélange de sang et da salive qui s’écoulait de sa bouche. En quelques secondes nous étions tous les trois dans la voiture, le moteur gueulait sous les coups de pédales paniqués de mon mari. Je tentai désespérément d’appeler l’hôpital mais me doigts ne me répondaient plus et les larmes me brouillaient la vue. Les minutes nous séparant de la clinique la plus proche nous firent l’effet d’interminables heures. Notre enfant continuait à baver son sang mais était incroyablement calme, les yeux vides et tournés vers le ciel. Il était toujours vivant… Son torse s’agitait sous les mouvements de ses poumons et de sa cage thoracique. Son souffle était froid. Son cœur battait encore… doucement. Mais il battait.

L’hôpital endormi s’éveilla d’un coup çà notre arrivée. Tous les médecins accoururent voir le « phénomène » et il nous fut interdit de voir notre fils pendant soixante-douze longues heures. Nous apprîmes plus tard qu’il avait été isolé, pour des raisons de sécurité, après avoir mordu deux médecins.

« Vous pouvez le ramener chez vous » nous dit un médecin. « Toutefois, nous aimerions le revoir de temps en temps pour de examens approfondis… Il et plutôt rare de se retrouver confronter à ce genre de cas… Il n’a que trois ans et dispose déjà de trente-quatre dents dont deux canines de quatre centimètres de longueur. »

Cette année-là, notre fils entra à l’école. Tout se passait bien malgré les remarques de ses instituteurs quant à son régime alimentaire. Ses années de maternelle furent paisibles. Ce sont d’ailleurs les seules années de calme que nous ayons connues. Mais il apprenait vite… Trop vite. Et dut sauter une classe.

Vint alors la primaire et les premières moqueries. Les enfants sont méchants, c’est bien connu. Certains l’évitaient, d’autres l’insultaient. Les enseignants le craignaient et l’avis des parents était partagé entre l’idée de la souffrance de cet enfant, de la souffrance de ses parents et leur peur pour leurs propres enfants. Mais en absence d’incident, ils préféraient se taire.

Nous décidâmes, à l’occasion de sixième anniversaire de notre enfant, d’organiser une petite fête pour lui et ses camarades de classe. Personne ne vint. Notre fils n’avait aucun ami.

Le mal s’introduisit à l’école sans que quiconque s’en aperçoive. Les railleries se firent de plus en plus fréquentes et de moins en moins réprimandées. Je m’indignais devant le comportement des enseignants mais rien ne changea. Les tensions se firent plus vives tout à coup, quand notre fils, pour se défendre, leur montra les dents. On nous demanda un peu plus tard de retirer notre fils de l’école… Deux enfants avaient été grièvement mordus.

Je dus démissionner, le lundi suivant, afin de m’occuper de l’enseignement de mon fils. Je suivis une formation et décidai que moi seul m’occuperait de ses cours. Le temps s’écoula alors paisiblement, rythmé uniquement par les repas de viandes crues de mon fils et quelques heures de grammaire ou de mathématiques. Mais je fus très vite dépassée par les évènements… Il commença à développer une hyperactivité qui rendait impossible toute tentative d’enseignement. Il demandait également de plus en plus de repas…

Un jour, alors qu’il en était à son quatrième steak (toujours cru), la sonnerie du téléphone retentit dans notre maison qui baignait dans un silence sépulcral.

Nous fûmes alors convoqués à l’hôpital pour quelques examens de base. Nous espérions y trouver une réponse à nos questions. Une lueur, même infime, d’espoir pour que notre fils puisse retrouver une vie normale.

« Je pense que nous pouvons considérer ces excroissances des canines comme des crocs, nous dit un énième médecin. C’est véritablement… étrange.

- Je pense que je vous aurais mis mon poing dans la gueule si vous m’aviez dit le contraire, dit mon mari excédé.

- Je vous propose de procéder à l’arrachage de ses dents, ajouta le médecin.

- Quand pouvez-vous l’opérer ? demandai-je.

- Tout de suite. »

Il était vingt-trois heures et la Lune avait déserté le ciel. Les infirmières et les médecins se préparèrent minutieusement.

« Les racines sont très profondes d’après les radios, dit un des chirurgiens. Ce ne sera pas une mince affaire. »

Puis il se tourna vers une des infirmières :

« Veillez à ce que l’on procède à une prise de sang avant transfusion si besoin est et à un pontage. »

Nous attendîmes dans un couloir non loin du bloc opératoire. Mon mari piétinait nerveusement tandis que je me rongeais les ongles jusqu’au sang. Tout était silencieux… jusqu’à ce que d’ignobles cris semblables à des hurlements de bêtes se fassent entendre. Une infirmière sortit aussitôt du bloc et courut vers nous.

« Nous sommes désolé, dit-elle. »

Mon mari était sur le point de lui sauter à la gorge. »Nous avons procédé à une anesthésie mais… »

Elle hésitait, ne sachant comment se justifier.

« Mais… Il s’est réveillé. Il semblerait que les médicaments n’aient aucun effet sur lui. Ou alors pas suffisamment longtemps…

- Arrêtez alors !!!!!!!! hurla mon mari.

- Ce ne sera pas nécessaire, répondit l’infirmière. C’est terminé. Ils lui ont enlevé ses… »

Elle cherchait le terme approprié mais n’était pas sûre de le trouver un jour.

« Ses crocs… finit-elle par dire. Vous souhaitez les conserver ?

- Certainement pas me précipitai-je. »

Nous étions soulagés, mon mari et moi, songeant que notre fils avait fini de souffrir…

Deux jours plus tard, je rappelai l’hôpital :

« Ca a repoussé, dis-je »

Les semaines, les mois et les années s’écoulèrent au rythme des opérations, expériences et innovations sur la mâchoire de notre fils. Les interventions ne se déroulant jamais sans souffrances pour lui ou pour les médecins, régulièrement grièvement blessés. Nombre d’entre eux avaient du se faire recoudre pendant une opération à cause de morsures profondes. Quand notre fils n’était pas à l’hôpital, la vie suivait son cours a peu près normalement. Les seules ombres au tableau étaient que notre enfant était totalement incapable de se concentrer sur quoi que ce soit plus de deux minutes et que son appétit devenait de plus en plus féroce. Ses repas étaient de plus en plus fréquents et conséquents, nous demandant toujours, à mon mari et à moi, de plus en plus d temps et d’énergie. Il ne mangeait plus… Il dévorait.

« Venez vite ! » nous dit une infirmière au téléphone.

Ne supportant plus les cris d’agonie de notre fils, nous avions décidé de faire confiance aux médecins et de ne plus rester dans l’enceinte de l’hôpital durant les opérations. Ce jour-là, notre fils « fêtait » ses douze ans. Pour la deuxième année consécutive, il « fêtait » son anniversaire en souffrances.

Quand nous arrivâmes dans le couloir qui faisait face au bloc opératoire, tous les médecins étaient assis, la tête entre les mains à nos places habituelles. Des cris de douleur et d’agonie emplissaient l’air dans tout l’établissement. Je tombai à genoux et commençai à sangloter. Le bruit de ma chute sur le sol froid éveilla un des chirurgiens qui se dirigea vers nous. Mon mari était debout à côté de moi, figé.

« Que… Que s’est-il passé ? Suffoqua-t-il. »

- Nous avons procédé, une fois de plus, à l’arrachage de ses… crocs, hésita le médecin. Nous avions remarqué qu’ils repoussaient de plus en plus vite au fil des interventions…

- Cette fois, intervint un autre médecin qui venait de nous rejoindre, ils ont repoussé instantanément.

- Il est devenu fou, reprit le premier. Il a arraché ses liens, a tout cassé dans le bloc opératoire et a même blessé plusieurs personnes… »

Les cris s’arrêtèrent brusquement. Une infirmière accourut.

« Il vient de s’assommer, dit-elle »

Nous entrâmes tous dans le bloc opératoire. Nous le vîmes alors, étendu sur le sol, du sang dégoulinant de sa bouche. Ne supportant pas la vue des médecins lui enfilant une camisole, je m’effondrai. Tout fut blanc pendant de longues heures…

Je me réveillai dans un lit juxtaposé à celui de mon fils. Il m’était caché par un fin rideau que j’écartai nerveusement. Il était là, assis, calme et serein, jouant avec de menus objets. Une infirmière vint me chercher et me conduisit dans le bureau d’un des chirurgiens qui s’occupait de mon fils.

« Il y a du nouveau » me dit-il avec un sourire tel que je vis l’intégralité de ses dents jaunes. Mon cœur se mit à battre de plus en plus fort.

« Nous avons dé couvert un nouveau virus dans le sang de votre fils… ajouta-t-il Ses globules rouges sont… différents et certains détails nous poussent à croire que ce virus pourrait être à l’origine de la maladie de votre fils. Malheureusement nous n’en savons pas plus pour l’instant. Mais nos laborantins continuent à chercher… »

Les deux dernières années, nous ne voyions presque plus notre fils. Les médecins avaient abandonné l’idée de lui arracher ses crocs mais n’avaient de cesse de pratiquer de nouvelles expériences, de nouvelles analyses… Je passais mon temps à pleurer toutes les larmes de mon corps.

Nous apprenions parfois quelques informations supplémentaires sur le virus qui avait détruit notre fils et ainsi offert à la science un nouveau cobaye.

La veille de son quatorzième anniversaire, mon mari alla chercher notre fils à l’hôpital. Nous refusions l’idée qu’il puisse « fêter » un anniversaire de plus là-bas. Je vis mon enfant pour la première fois depuis trois semaines. Son visage était livide et ses yeux injectés de sang.

Sa nuit fut agitée… Mais pas plus que d’habitude. Quelques cris… Un peu de sang sur les draps… Rien d’inhabituel.

Le lendemain, notre fils avait quatorze ans. Malgré tous les évènements passés, c’était un beau jeune homme d’une carrure imposante et, si l’on oubliait la couleur du sang, on pouvait parfois découvrir ses magnifiques iris bleus.

Je partis très tôt ce jour là. J’avais décidé d’aller lui faire quelques courses, lui acheter quelques cadeaux et un peu de viande. Je me souvins qu’il lui était arrivé de regarder des enfants jouer au base-ball avec envie. Je lui achetai donc un gant, une batte et quelques balles. Son père trouverait bien un moment pour jouer avec lui…

Je suis rentrée en début d’après-midi…

Une odeur de mort planait dans la maison. C’est alors que je vis du sang sur le sol… Du sang et des griffes. Je pénétrai ensuite dans le salon et vis les murs recouverts par le liquide vital qui avait quitté les veines de mon mari. Il gisait là, sur le sol… Son corps était couvert de morsures et son cou avait été à moitié dévoré.

J’entendis des pas dans mon dos…

Toutes mes courses tombèrent de mes bras… Sauf la batte de base-ball qui devait être le cadeau d’anniversaire de mon fils. Je me suis alors retournée… Je vis mon enfant debout face à moi. Du sang s’écoulait de ses yeux ainsi que de sa bouche. J’ai levé la batte… Il était sur le point de me sauter dessus. Je vis ses deux crocs qui frémissaient encore au goût du sang de mon mari. Et la batte s’abattit sur lui…

J’ai frappé… J’ai frappé !!!!!!J’ai frappé !!!!!!!! J’ai tué mon propre fils !!!!!!!!!!!! Je ne me suis arrêtée que lorsque les spasmes nerveux qui accompagnent la mort disparurent.

Cela fait six jours maintenant qu’ils sont morts… »

Nous avons découvert suite à l’autopsie que le virus l’avait complètement dévoré, dit l’inspecteur. Il a fini par remplacer le code génétique de toutes les cellules de son corps. D’après le médecin légiste et les quelques chercheurs qui se sont penchés sur le cas de votre fils, la durée d’incubation serait de quatorze ans. Pas un jour de plus… Pas un de moins. »

Le policier se retourna vers son collègue.

« Veuillez lui remettre ses menottes et la reconduire dans sa cellule. »

Ce qui fut fait dans l’instant. Alors qu’elle était sur le point de passer la porte, l’inspecteur l’interpella une dernière fois :

« Il y a toujours une chose que je ne m’explique pas… D’où viennent les morsures que nous avons retrouvées sur le corps de votre fils ? »

La mère sourit…

« Une semaine après sa naissance, j’ai essayé d’allaiter mon enfant… »

Puis, se retournant pour quitter la pièce, elle ajouta :

« Ma mâchoire me fait un peu mal depuis quelques temps… »

Posté par Alucard59 à 21:38 - Mon boulot - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Romain Humeau

Enfin le renouveau d'une scène rock fraçaise (cet avis est bien sûr tout à fait personnel)
Romain Humeau a commencé à se faire connaître, en tant que chanteur, compositeur et auteur, dans le groupe Eiffel qui a sorti deux albums:"Abricotine" et "Le quart d'heure des ahuris".
Le style d'Eiffel est assez difficile à décrire, d'autant plus que je ne suis pas un spécialiste de musique, mais j'insisterai sur leurs textes extrêmement puissants et dont l'auteur est Romain Humeau lui-même. On peut, je pense, dire sans trop s'égarer que l'inspiration de Noir Désir est très présente chez eux . Romain Humeau s'est d'ailleurs occupé des arrangements du denrier album "Des visages, des figures" de ce dernier groupe.
Une mention très spéciale à Hype qui est, selon moi, le précurseur de l'album solo de Romain Humeau.
Durant la tournée "Les yeux fermés", du groupe Eiffel, Romain Humeau a découvert un auteur qui l'a bouleversé. Cet auteur n'est autre que Louis Calferte et le livre dont il est question est "Septentrion". Cet ouvrage va alors très fortement l'inspirer et inspirer ses textes.
Le bassiste d'Eiffel finit par quitter le groupe Eiffel pour rejoindre le groupe Luke. Officiellement, le groupe Eiffel fait une pause mais va se retouver par la suite (Sans le bassiste qui restera définitivement avec Luke).
Romain Humeau en profite alors pour transformer les textes qu'il a écrits durant la tournée et préparer un album solo.
Cet album c'est "L'éternité de l'instant" dont les textes sont très inspirés par le style de Louis Calferte. Au niveau musical, Romain Humeau s'établit également comme un véritable virtuose en parachevant et en améliorant des méthodes qu'il utilisait déjà avec Eiffel et en ajoutant une nouvelle touche plus sordide et macabre.
Mes goûts personnels me poussent à vous conseiller très fortement "La mort sifflera trois fois...", chanson au texte extrêment puissant et violent et à la musique ravageuse.

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Posté par Alucard59 à 21:36 - Musique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Louis Calaferte

Louis Calaferte est un auteur français ( je crois savoir qu'il était d'origine italienne, juive mais ne peux en jurer) né en 1928 et mort en 1994. C'est donc un auteur extrêmement contemporain.
Louis Calaferte a écrit plus de 50 volumes (romans, recueils de poésie, pièces de théâtre, etc...).
De son oeuvre je retiendrai deux livres dont je vais vour parler brièvement.
Tout d'abord "Septentrion".
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Louis Calferte mit 4 ans pour lécrire et l'acheva au début des années 60. Du fait de son contenu extrêment sulfureux, la livre est interdit pendant plus de vingt ans. "Septentrion" ne ressort qu'en 1984. Véritable volcan, ce livre (autobiographique ?) raconte l'errance d'un jeune homme dont le seul but est de devenir écrivain.  0n a rarement fait aussi puissant, violent et cruel à la fois dans le texte et dans la syntaxe. Le halètement et les battement de coeur du personnage principale sont perceptibles dan s la mise en forme et le texte est un véritable anévrisme en plein coeur. lire ce texte, c'est se prendre une claque, une très méchante claque dans la gueule. Mais une claque tellement salutaire.
Le deuxième livre s'intitule "La mécanique des femmes". Ne serait-ce que pour vous apprendre, messieurs que vos femmes ont une vie sexuelle (qui peut être épanouie si vous êtes un bon amant (ou si elles ont de bons amants ...) ) et des fantasmes. Les femmes peuvent être aussi inventives ou aussi perverses que les hommes. Vous comprendrez peut être, après avoir lu ce texte, que, si elles le veulent, elles pourraient vous mener par le bout de la queue. Misérables pantins que nous, hommes, sommes, dans les bras des femmes. Terribles femmes. Magnifiques femmes.
Certains trouveront ces deux textes mysogines. Ce n'est pas du tout mon avis, bien au contraire. Je pense que ces deux livres, bien loin d'insulter els femmes, remettent les hommes à leur place dans le monde décadent qui est le nôtre. Mais ne désespérez pas. La mort arrive ! Elle nous prendra tous. Apres tout, nous sommes tous égaux et le sexe est omniprésent.
J'ajouterai enfin que Louis Calaferte est tout de même à réserver à un public averti et qui aime lire. Lecteurs du dimanche, passez votre chemin, vous vous en débarasseriez au bout de 10 pages.

Posté par Alucard59 à 21:14 - Littérature - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Chimères

Voici un nouveau texte de ma création, assez particulier par rapport à mon style d'écriture habituel.
C'est un texte en prose, très court, pour lequel je me suis très librement inspiré du style de Louis Calaferte (Je dis bien "très librement").
Je posterai ensuite un message sur Louis Calferte et, par prolongation, sur Romain Humeau. Ces deux messages seront respectivement répertoriés dans les catégories littérature et musique.

Cerné de tous les côtés, les briques lui entaillaient les bras jusqu’au sang. Un léger sifflement lui vint du dessus… Répété et régulier. Un cri. Un de ceux qui vous arrivent par hasard et vous laisse une sensation de manque dans le crâne quand il s’en va. Un de ces cris qui vous donne la migraine pendant des heures, d’interminables heures, jusqu’à ce que vous vous claquiez la tête contre les murs afin de savoir enfin d’où vient cette douleur qui vous prend et vous transporte dans des trous sans fond. Cette piqûre derrière la nuque qui vous crache son venin incandescent.

« Regarde.

- Qui ? demanda Matt.

- Tu la vois venir, la chimère ? Toute ouverte ? Pelage au vent ? Tu le sens venir son baiser sur tes lèvres ? Tu le sens déjà te brûler de la bouche au cœur ? Sa lave te couler le long de la gorge et te ronger corps et âmes ?

- Oui je sais déjà tout cela. Mais je m’en fiche. Mes pieds et mes poings sont déjà liés à la pierre qui m’entraîne par le fond. Il n’y a plus rien à faire, plus rien à espérer, plus rien à envier. Regarde mon corps ce qu’il est… Il n’attend que de se faire dévorer. Je ne sens déjà plus sa main sur ma peau… Chimère, commence par me ronger les tripes car c’est de leur fond que tu me viens.

- Tu as l’intention de la laisser te déchiqueter bout à bout ?

- Je suis déjà déchiré… Quelle différence ? Aucune sûrement. Si ce n’est qu’elle m’accompagnera au moins jusque là. Une mort lente et douloureuse, juste pour me sentir vivant une dernière fois. Pas d’espoir, pas de faux espoir. Plus rien. Juste cette souffrance, ses coups de bec dans ma chair, et ces petits picotements qui me monteront le long des jambes.

- Le moment venu, tu prendras peur.

- Non. Je n’aurai plus jamais peur. Mais je tremblerai, oui. Je tremblerai de douleur…. Mais  je tremblerai aussi de plaisir. Du plaisir de n’avoir connu qu’elle. Du plaisir de l’avoir connue à la fin.

- Non, tu ne l’auras pas. Tu ne l’auras pas elle. Ni aucune autre. Va ! Va-t-en vite ! Elle arrive, la perfide… Elle te chante des louanges pour que tu l’attendes. Ecoute-la chanter son plaisir immonde.

- Je n’entends plus. Je n’entends plus que ma douleur depuis longtemps déjà. Elle me dévore elle aussi. Regarde ce sang. Il n’a pas attendu ta chimère pour couler. Regarde ces griffes sur ma peau. Elles n’ont pas attendu ta chimère pour se dessiner. Regarde ces morsures… Elles n’ont plus n’ont pas attendu. Que reste-t-il à attendre ? Rien. Je me suis déjà dévoré moi-même. Je n’attends plus que d’être dévoré par elle. Par elle comme par toutes. Mais c’est par elle que je le veux.

- Et à peine t’auras-t-elle arraché les yeux…. Car c’est par là qu’elle commencera. Elle t’éborgnera et boira tes larmes dans l’autre œil. Puis se délectera de ton sang en te prenant le deuxième. Mais avant même de t’avoir pris la bouche, de t’avoir coupé le souffle, les vers s’empareront de toi…. Les vers du remord. Des parasites à la dent dure. Elle, ce qu’elle veut, c’est te garder entre ses dents jusqu’à ce que l’odeur de ta mort l’écoeure. Eux s’en foutent. Elle voudra garder au moins un bout de toi, comme un trophée, un souvenir. Eux s’en foutent. Eux, dès que ton sang aura coulé une première fois, quand tu la sentiras contre toi et que tu t’abandonneras totalement, commenceront leur funèbre dessein. Ils te boufferont le cœur avant même qu’Elle n’ait pu le voir. Eux ne laisseront rien de toi. Eux te rongeront jusqu’à l’os. Si ce n’est qu’à elle que tu veux te donner, ne te donne à personne. Si tu te donnes ainsi tu sèmeras les graines d’un mal plus grand encore.

- Que dois-je faire alors ? Pour ne pas souffrir ? Jamais.

- Tu ne veux jamais souffrir ? Très bien. Creuse d’ores et déjà ta tombe et couche toi dedans. Recouvre toi de terre, abîme tes ongles sur des pierres inutiles, abandonnées là par ceux qui avaient mieux à faire. Et attend. Elle ne te trouvera pas. Non, ne t’en fais pas. Reste là jusqu’à ce que tu meures. Que tu meures, oui. Mais sans souffrances. »

Peu de temps plus tard la chimère vint se poser, lubrique, toutes jambes écartées et cracha sur le sol.

« Quelle belle vie tu auras eu, grogna-t-elle »

Posté par Alucard59 à 20:59 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 octobre 2005

VF/VO

Une petite pensée pour ma chérie qui s'est envolée ce matin pour la grosse pomme. 9 Mois à New York. C'est pas rien...

Elle va énormément me manquer... Mais pour elle ce n'est que du bonheur et une expérience formidable à la clé.

Bien sûr, je vous tiendrai régulièrement informés de ses pérégrinations américaines et , si vous voulez en savoir un peu plus, vous pouvez aller visiter son blog qui se trouve en lien ici (une aventure newyorkaise).

Je finirai par un simple mais ô combien salutaire : "Je t'aime mon ti namour"

Posté par Alucard59 à 13:55 - Amis - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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